HUMOUR.
Florence Foresti fait le plein
Après le Point-Virgule, le Splendid et la Cigale, la comique en vogue affiche complet à l'Olympia, ce soir et demain, avec son hilarant one-woman-show. Scène, télé et bientôt cinéma... tout réussit à cette Lyonnaise de 32 ans.
DANS SON one-woman-show,elle dit que la notoriété ne l'intéresse pas, que ce n'est « pas la peine, si c'est pour finir comme le chanteur de Gold... »
Pourtant, il va bien falloir qu'elle s'y intéresse, Florence Foresti,
à la notoriété. Car, à seulement 32 ans, cette brune lyonnaise s'est retrouvée obligée, pour satisfaire la demande, d'installer son one-woman-show deux soirées - à guichets fermés - à l'Olympia.
Et de prolonger sa tournée jusqu'en décembre, tant on la réclame... Mais ne pense pas pour autant que tout cela va trop vite pour elle : « De mon point de vue, les choses ne tombent pas du ciel.
J'ai 700 représentations dans les pattes depuis cinq ans. »
On acquiesce : rien n'est trop rapide ni immérité pour cette grande admiratrice de Muriel Robin et de Pierre Palmade. Florence Foresti débusque le ridicule avec une sagacité fabuleuse, sans recourir à la moindre ficelle comique. Quand on lui demande de définir son humour, elle procède par élimination. « La trivialité, la grossièreté liée au sexe ne m'ont jamais amusée. Et je n'ai pas d'humour cynique ou d'humour du verbe. » Elle y va mollo sur les jeux de mots
et préfère imposer une gouaille irrésistible, un sens infaillible du détail qui tue.
Des atouts qui ont explosé à la télévision d'abord, dans la « Bern Academy » sur Canal +, en 2003, puis dans « On a tout essayé » sur France 2. Florence y incarne des personnages récurrents - Anne-Sophie de la Coquillette, Michelle « 2 L E », Dominique Pipeau... - qu'elle ne reprend pas sur scène, mais dont la saveur a certainement envoyé de nouveaux spectateurs au Point-Virgule, puis au Splendid et à la Cigale. Et enfin, ce soir et demain, à l'Olympia.
En la voyant, si pro, si déterminée, dans ce café du Xè arrondissement où elle a ses habitudes, on se dit que Florence Foresti a la tête sur les épaules et les moyens de ses envies.
D'ailleurs, l'Olympia, finalement, ne lui fait pas plus peur que ça : « C'est surtout la famille et les amis que ça impressionne, mais je n'ai joué que dans des salles mythiques », s'amuse-t-elle. Et cet avènement, est-ce épanouissant ? « J'en ai toujours rêvé. Mais la réussite, quelle qu'elle soit, ne construit pas votre vie à votre place. »
Evidemment, on se demande si le 7e art lui fait les yeux doux. Oui. Florence a tourné « Dikkenek », un film belge, avec Dominique Pinon, Jérémie Rénier et Marion Cottillard, mais c'est tout : « Je n'ai pas une envie folle de faire du cinéma tout de suite. Ou un jour. »
Cette fan de « Sex and the City » pense bien écrire une série télé
dans le même esprit. « C'est un travail de longue haleine et je prends beaucoup de temps. »
Florence est une fille intense, au sens d'intensément dans le présent, ne tirant pas de plans sur la comète. « J'aime l'idée d'avoir des choses à faire pour plus tard. » Nous, on aime l'idée de la savoir là pour longtemps.
« Florence Foresti finalement à l'Olympia »,
ce soir et demain, 28, boulevard des Capucines (IXe). Complet.
Charlotte Moreau



