Elle a dit :
"Ainsi, une femme peut être drôle et réussir en humour ! " en voyant Muriel Robin. "Ça me paraissait impossible. J'ai évité le problème pensant que le destin se chargerait de mon talent, si talent il y avait. "
" Je gère ma carrière au jour le jour. Je crois aux rencontres, aux coïncidences de la vie. Si on a besoin de moi, on viendra me chercher. Je n'ai jamais précipité les choses. "
Elle a fait les premières parties d'Anne Roumanoff et Elie Semoun lors d'un festival à Lyon : " Ce n'est pas une expérience facile ! On joue devant un public, certes très nombreux, mais acquis à la cause d'un autre artiste. On se sent pièce rapportée, ce n'est pas très agréable. "
"Ce sont des choses qu'on appréhende en tant qu'humoriste car on perd 50% du charme et de l'efficacité du live. Mais on est obligé d'en passer par là pour vendre notre spectacle." en parlant des émissions « Drôle de scène » pour M6 et les « Coups d'humour » sur TF1 auxquelles elle a participé.
" J'aime pas intellectualiser le jeu, ça rompt le charme de la comédie. "
" Au départ, j'improvise et teste mes sketches face au public. C'est lui qui décide de ce que je vais garder ou modifier. Le travail préalable est nécessaire, mais il ne me plaît pas trop." Elle confie donc que son spectacle est né sur scène, et en majeur partie né d'improvisations.
A propos de l'avion Barbie, qu'elle a trouvé au dépôt-vente de sa mère :
"Je ne savais pas ce que j'allais en faire. Je me suis mise à improviser et, chaque soir, je trouvais de nouvelles choses. C'est aujourd'hui mon sketch de rappel. A ce moment du spectacle, on peut tout se permettre. Les gens sont détendus, les inhibitions sont tombées. "
"Je suis encore terrorisée par le public. A tel point que lorsque j'arrive au théâtre (à l'époque du Point Virgule), je suis souvent prise d'une envie irrépressible de rentrer chez moi. C'est très hypocrite de ne parler que de plaisir dans ce métier. Ça demande une énergie et une mobilisation totales. Même si je parais sûre de moi sur scène, c'est tout l'inverse. J'ai une peur panique de lâcher les rennes et de me laisser submerger par le public. "
"Tant qu'il n'y aura pas 300 personnes devant le Point-Virgule tous les soirs, il est inutile d'aller coller des affiches dans tout Paris pour remplir une plus grande salle, explique-t-elle. Je ne cherche pas forcément à toucher le plus de monde possible. L'important pour moi est de trouver le plus de plaisir et de m'améliorer. Que ce soit sur scène, à la télévision ou au cinéma. Au fond, la véritable recherche est la quête de soi. C'est très égocentrique ! Comme de nombreux artistes, j'ai envie d'être aussi drôle sur scène que dans la vie. De plaire de manière absolue. Mais c'est une utopie, on n'y arrive jamais vraiment. "
Sauf peut-être Philippe Caubère, son modèle absolu. " Il arrive à faire de sa vie une œuvre et à la porter en scène... C'est ce que je rêve de faire ! "
"J'admire beaucoup Muriel Robin, mais que je ne prétends pas lui ressembler et que nous ne sommes pas si proches artistiquement. Il me semble que je lui ressemble plus par le "tempérament". Elle a juste très bien incarné ce que je voulais faire à un moment de ma vie. "
Propos recueillis par Benjamin Brossart pour NetKiri